Macron veut supprimer l'" exit tax " dès 2019 — Impôts

Elias Hubbard
May 8, 2018

"Les gens sont libres d'investir où ils veulent", argue le président de la République.

L'"exit tax", un frein à la "start-up nation"?

Afin de lutter contre l'exil fiscal, Nicolas Sarkozy avait voté une taxe spécifique en 2011 appelée l'Exit Tax.

Sa suppression va "inciter les investisseurs à venir".

"Elle envoie un message négatif aux entrepreneurs français, plus qu'aux investisseurs". Mis en place en 2011, à la fin du quinquennat Sarkozy, et alourdi sous Hollande, il cible les contribuables qui détiennent plus de 800 000 euros d'actions et d'obligations, ou la moitié du capital d'une entreprise. Loin des quelque 200 millions d'euros espérés initialement.

Emmanuel Macron poursuit sa métaphore sur le mariage: si on veut se marier, on ne devrait pas avoir à expliquer à son conjoint que "si tu m'épouses, alors tu ne pourras jamais divorcer ".

Qu'est-ce que l'" exit tax " (taxe de sortie)? Cela n'a pas de sens.

Emmanuel Macron a voulu pousser un pion supplémentaire en direction des entrepreneurs qui avaient la fâcheuse tendance de partir en Belgique pour y réaliser une vente d'entreprise hors plus-value.

Au sein de l'exécutif, on se défend de mener une politique "socialement injuste". C'est ainsi qu'en plus de sa rencontre avec Donald Trump, il a fait la une de Forbes. "Avec Emmanuel Macron, c'est encore et toujours "exit la taxe" pour les plus fortunés (.) qui pourront désormais s'exiler fiscalement en toute impunité", regrette également son collègue député Boris Vallaud. "Ils savent que s'ils viennent, ils ne seront pas piégés avec une +exit tax+ qui les empêcherait à un moment ou à un autre, s'ils le souhaitent, de repartir de France", a-t-il ajouté. La plupart des réformes que notre gouvernement a mis en place depuis le début de mon mandat ont pour objectif de réduire le coût de l'échec entrepreneurial. "Pour moi, c'est absolument critique", a souligné le président Macron. Selon lui, "l'un des principaux problèmes du pays était le coût de la défaillance (des entreprises, NDLR), mortel pour l'investissement ". "C'est très infime et c'est un coût d'opportunité." .

Assurément, le signal envoyé va conforter son image de président des riches. "La fraude et l'évasion fiscale dépassent 60 milliards d'euros".

Si Alexis Corbière a dénoncé un choix "affligeant", Boris Vallaud, l'un des nouveaux hommes forts du Parti socialiste, a tenté un jeu de mot pour critiquer la nouvelle annonce d'Emmanuel Macron. C'est le président des riches.

Depuis la Loi de Finances pour 2018, l'exit tax est imposée au taux forfaitaire unique (TFU) de 30% composé d'une imposition forfaitaire à l'impôt sur le revenu (12.8%) et de prélèvements sociaux (17.2%). "Même l'évasion fiscale n'est plus découragée!" a-t-il déclaré sur Twitter.

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